Antisèche 3 – Choisis la pensée utile plutôt que la pensée vraie

Est-ce que tu te rends compte que le soleil ne se couche pas, que ce n’est qu’une illusion causée par la terre qui tourne en rond ?The Flaming Lips (Do You Realize)

Quand j’étais ado mon sport préféré était de convaincre les gens ; de mettre des arguments les uns à la suite des autres pour démontrer que j’avais raison et que l’autre avait tort : à chaque fois que je réussissais à « gagner » une discussion, c’était comme si j’arrivais à établir ma supériorité sur les autres; c’était comme une drogue pour moi.

On évolue dans la vie en accumulant des convictions, sur nous, sur les autres, sur ce qu’il se passe de bien et de mal dans le monde – en somme sur ce qu’on considère « vrai ».

Un conflit n’est rien de plus que la confrontation de deux perspectives différentes, où chaque personne essaye de faire valoir que son idée est « vraie », et que celle de l’autre est donc fausse.  On est rarement de mauvaise foi : on a juste des conceptions subjectives de la vie très différentes les uns des autres.

Mais se battre pour défendre la pensée « vraie » suppose qu’il y aurait des vérités objectives. Or comme le chantent les Flaming Lips à propos du soleil — qui ne se couche et ne se lève jamais, car c’est la terre qui tourne — on sait pourtant que tout est question de perspective : il n’y a que des vérités subjectives.

Et donc tout comme les couchers et les levers de soleil, la pensée « vraie » n’est qu’une illusion.

C’est pour ça qu’il est si important de s’entrainer à mettre de côté les pensées qu’on croit vraies mais qui nous poussent à nous battre avec les autres, pour leur favoriser des pensées “utiles”, telles que l’empathie, l’humour ou la générosité, qui nous aident toujours à connecter avec les gens autour de nous.

On a tous des pensées qui enclenchent de folles prises de têtes, et nous poussent à formuler toutes sortes de suppositions.  Aujourd’hui quand ça m’arrive, j’essaye de déterminer si la prise de tête peut mener vers une action utile et concrète — telles que connecter avec quelqu’un, avancer dans un projet, ou tout simplement faire plaisir à mes sens — ou bien si au contraire elle est stérile: si par exemple j’essaye juste de me rassurer que telle ou telle supposition est bien vraie, ou pire, que je veux prouver à l’autre qu’il a tort.

J’adore partager mes pensées pour échanger avec des proches.  Mais il est devenu rare que je « m’engueule » à propos des choses que j’ai apprises ou qui me passent par la tête. L’équation est simple : si ma pensée mène vers un conflit, c’est qu’elle essaye d’être vraie sans être utile, alors je tache de la mettre de côté et d’en trouver une autre sur laquelle porter mon attention. La méditation et la pratique de la gratitude aident d’ailleurs beaucoup à prendre conscience de la différence entre pensée vraie et pensé utile.

Quand on abandonne la recherche de la pensée vraie, et qu’on arrive à lui préférer la pensée utile, on transforme sa pensée en outil plutôt que bourreau, et on fait un grand pas vers la maitrise de soi et le bonheur.

Leave a Reply

*

17 comments

  1. Fifou

    Merci pour cet article … J avais besoin de lire ça …

    • Lehmann Jonathan

      Merci à toi pour ce super site Fifou! <3

  2. Cécile Boyer

    Coucou! !!!! Génial ton site!!!!!!!! Comment vas tu? Fais nous signe si tu passes à paname. …ce serait super de te voir!!!!! Gros bisous. Cécile

    • Lehmann Jonathan

      Merciiiii Cécile!!! Ca va biiien 🙂 oui, je vous contacte des que je reviens, ca serait genial de vous voir 🙂 gros bisous.

  3. adrien

    Vraiment tres sympa to blog, contenu et format!!

    • Lehmann Jonathan

      Merci Adrien! Trop content que ça te plaise!

  4. Aurelie

    Bravo pour ce blog! je viens de m’abonner, c est vraiment super interessant et ça fait du bien de lire ces articles et conseils. C est formidable et j’espère arriver à cet apaisement et emprunter ces memes routes qui mènent vers le bonheur de vivre chaque jour sereinement. Continue!

    • Lehmann Jonathan

      Merci beaucoup Aurélie, ton feedback m’encourage beaucoup!

  5. sandrine

    coucou!! super ce blog!! j’adore! on attends la suite avec impatience!!

    • Lehmann Jonathan

      ravi que ça te plaise sandrine! merci pour ce gentil message 🙂

  6. Emmanuelle Mousset

    bonjour
    je découvre…..quel bonheur de lire ces lignes ! je me sens déjà mieux 🙂
    Hâte de découvrir les prochaines antisèches et de faire les méditations (pas facile au boulot)
    Merci !!!

  7. valérie

    Mille mercis et bravo pour ce blog Jonathan !!! 😀

  8. SELHA

    Salut Jonathan,

    Tout d’abord félicitations pour ton article, il est plutôt bien construit, bien écrit, et pousse la réflexion dans une direction positive. Cela manque peut être de citation de source, j’immagine que tu dois lire pas mal (du moins je te le souhaite), et je pense qu’il serait constructif de communiquer sur les livres, films, ou chansons qui poussent ta réflexion.

    J’ai d’autant plus apprécié que je me suis un peu retrouvé dans ce regard que tu porte sur les choses, et dans l’évolution qui t’y a mené.

    Cependant il y a un point avec lequel je diverge.
    Tu affirmes : « se battre pour défendre la pensée « vraie » suppose qu’il y aurait des vérités objectives. Or comme le chantent les Flaming Lips à propos du soleil — qui ne se couche et ne se lève jamais, car c’est la terre qui tourne — on sait pourtant que tout est question de perspective : il n’y a que des vérités subjectives. »

    Je crois qu’il est important de dissocier la pensée « vrai », de la Vérité. Car si je te rejoins sur l’idée qu’une pensée « vrai » ne peut être objective, je ne peut admettre que la Vérité est forcément subjective. Il est important également de savoir ce qu’évoque pour toi ce mot « Vérité ».
    Si l’on s’en tient à la définition du Larousse :
    La vérité est une « Adéquation entre la réalité et l’homme qui la pense ».
    Il nous faut maintenant bien comprendre ce qu’évoque pour nous le mot « réalité ».
    toujours selon le Larousse :
    La réalité est le caractère de ce qui est réel, de ce qui existe effectivement.
    Par déduction, et selon le Larousse, une vérité serait donc une adéquation entre ce qui existe effectivement et l’homme qui le pense.

    Et là on en arrive au point le plus intéressant selon moi. C’est une vieille règle mathématique de primaire qui me l’inspire. Autant il me semble raisonnable de penser que toute les vérité ne sont pas forcément objective ( puisqu’induite par l’homme et sa pensée), autant je ne peut être certain qu’il n’existe pas d’exception à cette règle.

    Cela me fait penser à une discussion que j’ai eut avec un Australien à Cairn. Nous refaisions le monde, il me parlait de sa vie et de son regard sur les choses de ce monde (ses vérités donc), nous nous sommes mis à parler de l’homme, de la nature, de l’environnement, de la terre.
    Il fut surpris que je dissocie l’homme de la nature dans mes formulation ou je les opposais systématiquement.
    Il me fit réfléchir à ce réflexe que j’avais développé. Puis m’expliqua très simplement qu’il est tout aussi insensé de dissocier l’homme du reste de la nature, que si l’on lui dissociait une espèce quelconque de chenille qui creuse l’écorce des arbres et se délecte de sa sève vitale pour se développer au détriment de la santé de l’arbre qui lui sert pour autant d’habitat naturel. Lorsque l’arbre mourra, la chenille mourra à son tour, mais tout ce qui l’entoure continuera d’exister, et c’est cela la nature. L’homme n’en est qu’une composante qui ne mérite pas de l’en distinguer. Car à la réflexion sommes nous à ce point plus évolué que cette chenille qui ne pense à rien d’autre qu’à satisfaire ses besoins immédiats quitte à détruire peu à peu son seul espoir de vie ?

    Je comprend parfaitement ta réflexions, et au vu des chemins où elle te mène, je te souhaite bonne route mon ami. Pour ma part je préfère ne pas me faire l’affirmation de pensée que je n’ai pu vérifier moi même avec la plus exacte certitude. Et dans ce cas je préfère mettre à profit toutes les subtilités du langage pour supposer et penser, plutôt que de tomber dans la dérive des veines certitudes.
    Cela reste un partis pris, là où certains préfèrent un sol solide pour se mouvoir dans un espace limité mais rassurant, d’autres préfère la profondeur parfois effrayante, mais sans limite des abysses marin.

    Bonne Continuation.
    Et au plaisir.

  9. Elisabeth

    C’est très utile de lire cet écrit.
    Un grand merci Jonathan !

Next ArticleMéditation du matin (10 affirmations pour se mettre de bonne humeur)