Eckhart Tolle

On est nombreux à être trop dans le « devenir », c’est à dire coincés dans le mental, qui ne connaît que le passé et le futur. Et du coup à rater l’instant présent.

J’étais tellement comme ça avant : dès le premier jour où je suis devenu avocat je savais que j’allais faire autre chose, mais je ne savais pas quoi, et je ne pensais qu’à ça. Quand je ne pensais pas à ma carrière, je pensais à ma vie amoureuse, et le reste du temps je pensais à la prochaine montre que j’allais bientôt pouvoir m’acheter, à mes prochaines vacances, à mes relations. Je vivais tellement dans ma tête que je remarquais à peine s’il faisait grand soleil ou s’il pleuvait : la seule chose qui m’importait était comment j’allais faire pour avoir du succès et me divertir.

Bien sur il n’est pas évident pour le zèbre de se débarrasser de ses rayures, mais la conscience de ma maladie du devenir m’a permis d’en sortir un peu. (D’ailleurs ma mère aime bien dire que la raison pour laquelle je me suis trouvé avec les Antisèches est que je suis celui qui en a le plus besoin 😉 )

On a beau ne plus croire aux happy ends à la Disney, on reste néanmoins souvent convaincus que si on règle tel ou tel problème, alors on pourra être heureux. Pourtant le bonheur c’est toujours maintenant. Et si on n’est pas heureux maintenant, alors il y a très peu de chances qu’on soit heureux demain. Comme aime le rappeler Alexandre Jollien (https://www.facebook.com/jonathanlehmanncoaching/photos/a.579305718871417.1073741828.532927536842569/745787142223273/?type=3&theater), il y a toujours un problème du moment : dès qu’on en règle un, un autre surgit.

C’est parce qu’on a tous plus ou moins conscience de cette vérité qu’on joue à Candy Crush, qu’on boit de l’alcool ou qu’on se drogue : pour faire taire le mental et se mettre immédiatement dans l’instant présent. C’est pour la même raison que certains aiment les activités fortes en adrénaline telles que le saut en parachute, le surf ou le ski extrême, où la moindre erreur peut nous coûter la vie, et donc où l’on n’a d’autre choix que d’être complètement focalisés sur l’ici et maintenant. C’est pour ça aussi qu’on aime se débrancher de notre propre devenir en se branchant à celui d’autrui, qu’il s’agisse de lire un roman, de regarder un film ou de se poser devant les Kardashian.

La clé pour nous les malades du devenir est d’apprendre à volontairement « gâcher » du temps, à savoir faire des choses qui n’avancent en rien l’histoire de notre vie : méditer, bien sur (www.youtube.com/JonathanLehmann) ; marcher une heure pour arriver quelque part plutôt que d’y aller en voiture ; se répéter des affirmations qui nous aident à revenir au moment présent et faire attention à ce qu’il se passe autour de nous – par exemple « le passé et le futur n’existent que dans ma tête, la seule chose qui existe vraiment est l’instant présent ». Voici d’ailleurs une vidéo où je partage 7 techniques dont je me sers au quotidien pour me reconnecter à l’être : https://www.youtube.com/watch?v=P0q8gsbHT2U

Bien sur on a des outils de « devenir » qui peuvent nous aider à vivre de bons moments dans l’ici et maintenant : par exemple la pensée, quand on s’en sert pour organiser une activité qui nous donne du plaisir ; l’argent, quand on le dépense pour se payer une expérience (plutôt qu’une nouvelle chose à posséder). Le piège est quand ces outils deviennent des objectifs à part entière, et qu’ils nous asservissent : quand nos positions mentales nous poussent au conflit, que notre appât du gain nous pousse à vivre des vies remplies de stress.

Est-ce que vous aussi avez l’impression de devoir sans cette combattre la compulsion à devenir afin de mieux profiter de la vie ? Et si oui que faites-vous pour rééquilibrer la balance ?

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