Eckhart Tolle

Avant j’étais tellement fier de tout ce qu’il se passait dans ma tête, de mes goûts, de ce que je pensais savoir. Je prenais la multitude de mes pensées pour un signe d’intelligence, et je ne comprenais pas que la suractivité de mon mental était en fait une faiblesse.

On est trop souvent agites par des pensées inutiles, qui nous font partir dans des investigations mentales pour déterminer la vérité de telle ou telle supposition. « Est-ce que j’ai raison ? Est-ce qu’il m’aime bien? Est-ce que j’ai dis un truc qu’il ne fallait pas? Etc. »

Sans travail préalable, la pensée est généralement le sujet de notre vie: une pensée nous traverse la tête, et notre reflexe est de la suivre, de la décortiquer, jusqu’à avoir atteint une position mentale satisfaisante.  

 On croit aveuglément la fameuse phrase de Descartes “je pense donc je suis” : on commet l’erreur d’estimer qu’on est nos pensées. Par conséquent on croit que tout ce qu’il se passe dans nos têtes est ce qu’il se passe dans nos vies.


Contrairement à ce que prétendait Descartes, la pensée n’est pas notre vrai « moi ». Elle n’est qu’un outil : un outil sauvage, certes, qui essaye souvent de se faire passer pour le maître; mais elle reste un outil.

La bonne nouvelle est que l’outil peut être dompté si on arrive à mieux comprendre quand s’en servir, quand l’ignorer, et comment réallouer son attention au corps et à l’instant présent quand il nous embête.

La clé est de changer le rapport qu’on entretient avec cet outil, c’est à dire de changer le rapport aux pensées qui n’appellent à aucune action au moment où elles nous traversent.

Quand les problèmes dans nos têtes ne requièrent aucune action immédiate, plutôt que de chercher une solution, on peut faire un pas en arrière et dire à notre outil: « Merci mais tu n’es pas maître à bord, je n’ai pas de problème à régler ici et maintenant. Alors je te laisse parler, mais je ne vais pas rentrer dans la discussion avec toi. »

La méditation sert justement à ça : à apprendre à observer nos pensées, à les traiter comme une entité extérieure, à les laisser s’agiter dans le vide, sans suivre leurs diverses injonctions; pour mieux savoir se servir du mental quand on a vraiment besoin.

La pratique de la gratitude est un autre moyen de remettre l’outil à sa place, en contredisant les pensées négatives qui nous viennent si naturellement par du contenu positif qui vient progressivement changer la plastique du cerveau. L’activité physique aussi nous aide à calmer le mental.

En bref, tout ce qui nous connecte à l’instant présent entraine le mental à être plus sage et plus utile, et à le remettre encore et toujours à sa place d’objet.

Quand l’outil se fait passer pour le maître, on peut avoir l’impression de vivre un enfer. Mais quand on travaille dessus quotidiennement pour en faire un instrument de bonheur, on peut accomplir des miracles 🙂

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