La tristesse, la gratitude & la mort

Mon père est mort cette semaine. Il avait la maladie à corps de Lewy (une maladie entre Alzheimer et Parkinson) et sur la fin il était au plus mal. Mardi matin en allant lui faire un bisou j’ai vu qu’il ne respirait plus.

C’est la première fois que je vois la mort d’aussi près et la première fois que je perds quelqu’un d’aussi proche. Alors cette semaine j’aimerais partager 3 pensées sur la tristesse, la gratitude et la mort.

1. La tristesse

J’ai beaucoup pleuré cette semaine. Mais j’ai beaucoup ri aussi, parfois juste après avoir pleuré.

La tristesse est d’autant plus dure à gérer qu’on la fuie ou qu’on en rajoute une couche. C’est l’équilibre qui est difficile à trouver. D’un côté il faut savoir l’accueillir en nous : plus on la regarde en face, plus on la ressent, plus on la dissout. D’un autre côté il faut se méfier du mental qui nous dit qu’on est tristes, que ce n’est pas le moment de rire, qu’on doit garder une mine de circonstance. Je crois d’ailleurs utile de dire « j’ai de la tristesse en moi » plutôt que « je suis triste », afin de ne pas s’identifier à la tristesse et de l’aider à nous traverser.

On gagnerait à être plus comme les enfants qui rient pleinement puis pleurent pleinement puis rient à nouveau sans se préoccuper de leur image. Sans se juger. Quand on arrive à cet équilibre on permet à la tristesse de nous toucher comme elle doit mais aussi de se dissoudre.

2. La gratitude

Je peux me lamenter de ne plus avoir de père. Je peux aussi me répéter que j’ai de la chance d’avoir eu une relation si belle avec lui : on jouait au tennis, on parlait politique et sport, il me guidait dans mon parcours. Je peux remercier la vie qu’il n’ait pas trop souffert dans ses derniers moments et qu’il soit parti dans son sommeil.

On a presque toujours le choix de se concentrer sur le positif ou sur le négatif. Même si c’est parfois dur à voir, rien dans la vie n’est intrinsèquement bon ou mauvais ; à chaque moment on peut choisir où porter son attention. C’est un lieu commun de dire qu’on peut décider de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Pourtant c’est une des vérités les plus utiles au bonheur.

3. La mort

Toutes les formes sont impermanentes et la seule constante est le changement. Je n’ai plus l’amour de mon père dans sa forme ancienne. Mais son décès m’a rapproché de beaucoup de gens. J’ai notamment reçu des témoignages d’affection inoubliables cette semaine, et des sublimes messages me rappelant le souvenir de mon père, qui m’ont donné beaucoup de joie.

L’amour est toujours là. Mais il se transforme constamment. L’essentiel est d’être ouvert à ce qu’il puisse venir de partout. Et se rappeler qu’on crée de la souffrance inutile quand on résiste trop à l’impermanence. On a besoin d’amour autant qu’on a besoin d’eau, mais si on y est ouvert l’amour vient d’endroits que notre mental ne suspecte pas.

Quant à mon père, il vivra toujours en moi.

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