L’amour & les trois niveaux d’échanges

Je crois que le but de la vie est d’apprendre à aimer : apprendre à recevoir de l’amour et à en donner. Ça peut paraître un peu simplet dit comme ça, pourtant à moins d’être le Dalai Lama ou Amma (et encore), on n’a jamais vraiment fini d’apprendre à aimer.

L’autre soir en m’endormant je me suis dit qu’il existait 3 niveaux distincts d’échanges entre humains.

Le 1er niveau est celui de notre sphère des plus intimes. Les membres de notre famille et nos quelques amis, qui se comptent sur les doigts d’une main, qu’on appellera en pleine nuit sans hésiter si quelque chose ne va pas. Ceux qui ont une place à part dans nos vies et nos coeurs. Ceux pour qui on compte vraiment.

Le 2ème niveau est le niveau « Facebook », c’est-à-dire celui de toutes nos autres « relations » : nos amis d’enfance qui ont pris des chemins différents des nôtres ; nos potes avec qui on aime bien rigoler ou sortir ; ces personnes avec qui on ressent parfois le besoin de faire un point, pour savoir où ils en sont dans leurs vies.

Le 3ème niveau est celui des personnes avec qui nous ne sommes pas intimes, mais avec qui on partage des moments de vie. Notre copine du cours de yoga, avec qui on aime papoter mais qu’on ne reverra pas si on ne revient pas au cours. Notre pharmacienne avec qui on rigole bien parfois. Les inconnus qu’on croise chaque jour et avec qui on échange des sourires ou des plaisanteries.

Même si l’on peut vraiment donner et recevoir de l’amour au 2ème niveau, je crois que le cœur de l’apprentissage de l’amour – c’est à dire là où l’on doit concentrer ses efforts – se trouve au 1er et au 3ème niveaux. Au 1er niveau c’est assez évident : nos conjoints, nos parents, nos meilleurs amis sont les personnes avec qui l’on va naturellement donner et recevoir, et avec qui on doit apprendre à donner le bénéfice du doute, à écouter, à pardonner.

Le problème est qu’on a tendance à être trop focalisés sur le 2ème niveau au détriment du 3ème niveau.

On rate trop souvent l’occasion de donner et de recevoir avec les inconnus que la vie met sur notre passage, parce qu’on est trop préoccupés à entretenir nos relations du 2ème niveau. On court après d’anciens proches, on essaye de maintenir « nos relations », et ce faisant on se ferme à l’amour qui est tout autour de nous, chaque jour.

D’un autre côté, on rencontre tout le temps de nouvelles personnes, et souvent on les ignore, on ne les voit que comme des objets. La caissière est une caissière (et on ne prend pas le temps de vraiment connecter avec elle, ne serait-ce que par un sourire) car on pourchasse un ami du 2ème niveau sur notre téléphone. Alors que quand on prend le temps de vraiment échanger avec ces inconnus que la vie met sur notre passage, qu’on se rends vulnérable en posant des questions ou en racontant une anecdote, c’est souvent un grand bonheur que l’on ressent ; une sensation très éloignée de la frustration qu’on ressent parfois avec nos relations du 2ème niveau.

Ce n’est pas pour dire qu’on ne peut pas partager des moments géniaux avec nos relations du 2ème niveau. Mais on a un temps et une énergie limités, et je crois que l’on gagne en bonheur quand on fait un peu moins attention au 2ème niveau, et un peu plus attention au 3ème.

L’amour est partout et parfois les constructions mentales sur nos « relations » nous empêchent d’y accéder.

Est-ce que cette idée vous parle ? N’hésitez pas si vous avez des anecdotes sur des moments partagés avec des personnes du 3ème niveau, c’est toujours un bonheur (et souvent drôle) d’apprendre sur les échanges qu’il peut y avoir entre inconnus 🙂

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